Episodio 4.3 – Bolivia, La Pampa Amazonienne

Changement de décor, et d’altitude aussi mais c’est toujours en mode « aventuriers » que nous prenons la direction de Rurrenabaque, petit village perdu afin de partir en expédition dans : La pampa Amazonienne.

« Dans la jungle tu attendras, un 5 ou un 8 te délivrera. » – Jumanji

Avant de rejoindre l’Amazonie depuis notre petit village de Torotoro, il nous aura fallu en faire des kilomètres, et surtout des heures de bus ! Six entre Torotoro et Cochabamba, dix entre Cochambamba et La Paz et enfin seize entre La Paz et « Rurre » de son petit nom. On vous avoue qu’on aura pris la décision (avec l’appui de nos amis Sylvain et Lucie) de finalement faire une petite pause d’une journée à La Paz, ville d’altitude (étagée entre 3200m et 4000m d’altitude) avant de s’aventurer dans la Pampa.


  • La Paz

Difficile d’écrire un article complet sur la ville de La Paz puisque nous y sommes restés trop peu de temps. Cependant, si l’on suit nos premières impressions, cette ville nous a étonné mais aussi bluffé ! Une agglomération surréaliste, proche des nuages et si atypique, coincée dans une cuvette entre les montagnes, ce qui explique ses différences d’altitudes. La Paz est impressionnante à regarder et à admirer lorsque l’on prend de la hauteur sur les montagnes ou par le biais de ses nombreux téléphériques. Bref, La Paz est au plus près du ciel, on dit d’ailleurs que c’est la capitale (administrative) la plus haute du monde ! Entourée d’environ une centaine de pics à plus de 5000m, elle est aussi proche du fameux Lllimani (6462m). (Source, Le Routard Pérou – Bolivie 2017/18).

Et en une seule journée à sillonner la ville à pieds et en minibus, cela nous aura suffi pour observer une ville qui à nos yeux fonctionne à l’opposé de ce que l’on est habitué à voir dans les grandes villes. Pas de bus, mais seulement des minibus qui galèrent plus ou moins tous face aux nombreux démarrages en côte, qui plus est au milieu d’une circulation si abondante. Les différents quartiers que l’on a traversé sont tous aussi bruyants et surtout mouvementés les uns que les autres : les odeurs, les musiques, les « rabatteurs », les klaxons, La Paz c’est comme une fourmilière géante ! Niveau architecture les maisons ou petits immeubles sont pratiquement tous en parpaings sans aucun revêtement de façade, comme posés là à flanc de montagne, côtoyant parfois des immeubles bien plus grands en contrebas. Un joyeux chaos !  Bref, nous avons eu les yeux grands ouverts lors de notre court passage à La Paz, on aime ou on n’aime pas mais une chose est sûre, on ne peut pas y rester indifférent !

On aura profité de notre seule soirée à La Paz pour s’improviser un apéro dinatoire en mode « La France, ça nous manque » avec nos amis de Torotoro Sylvain et Lucie. Saucisson (ok, c’était plus du Salami…), Fromage, baguette, etc. et vin rouge bien sûr, avant de se dire « à bientôt » le lendemain matin avec espoir de se revoir au Pérou. Pour nous, direction l’Amazonie pour 3 jours et plus précisément dans la Pampa que nous rejoignons en bus. #onapasdargentpourprendrelavion. Car oui, 15-16h de bus pour rejoindre Rurrenabaque pour la modique somme de 8€/pers contre env. 40min en avion pour 70€ … Bon bah on va serrer les fesses alors !


  • Rurrenabaque

Et le voyage fût plus que chaotique. Un bus des années … Bonne question !? Un magnifique « Jésus » peint sur tout un côté du bus avec « Dieu est mon guide » comme légende (avec ça, on est rassuré… ) et de l’autre côté, ne me demandez pas le rapport, une femme aux formes généreuses à moitié dévêtue ! En ce qui concerne l’intérieur, des sièges ne pouvant se baisser, certaines vitres ne pouvant se fermer et une généreuse odeur mélangeant feuilles de coca et humidité. Evidemment, imaginez tout cela sur une route aux nombreux virages et ravins pour passer de 4000m d’altitude à presque 0m ! Bref, après avoir passé une magnifique nuit blanche avec des arrêts « pipi » dans des endroits tous autant improbables les uns que les autres nous arrivons à 6h de matin à Rurre sous une pluie diluvienne : Bienvenidos en Amazonia les Raine du Voyage ! Ah oui, on a oublié de dire que le bus a prit l’eau pendant la nuit, toujours moins pire qu’un pneu qui prend feu (Expérience vécu par des amis voyageurs) !

C’est grâce à une petite douche (offerte par l’agence) et une boulangerie française avec des bons croissants que nous avons retrouvé en moins d’une heure la motivation et des forces pour partir en excursion dans la pampa durant 3 jours coupés du monde extérieur !

Pour infos, l’Amazonie Bolivienne est vaste. Elle se compose principalement de deux provinces, l’immense Beni au Nord-Est et le Pando au nord où se trouve Rurrenabaque. A noter que dans le Pando en allant bien plus au Nord on retrouve aussi d’autres villes, plus grandes et moins touristiques, elles ne sont accessibles que par avion ou par bus (mais là, on n’imagine même pas le temps de trajet). Dans le Pando aux alentours de Rurrenabaque un parc national a été créé en 1995, c’est là que nous allons passer 3 jours : il s’agit du parc « Madidi », le plus visité grâce à son accessibilité facile depuis la bourgade touristique de Rurre (6200 habitants, toujours le kiff de Bastien !). Ce parc est réputé pour abriter l’une des plus grandes biodiversités du monde. Rien que ça … ! Etendu sur presque 2 millions d’hectares et variant entre 3000 m et 200 m d’altitude il ne contient pas moins de 5 écosystèmes différents, 156 espèces de mammifères, plus de 800 d’oiseaux et environ 1875 espèces de plantes ! Bref, ça envoi du « fat » quand même et à cette idée on a déjà hâte d’être au milieu de tout cela.

Pampa ou Selva ? Pourquoi pas les deux ?

En effet, pourquoi pas les deux, mais avant tout, quelle est la différence entre ces deux lieux ? Pour faire court et simple, on parle plus de pré-Amazonie pour la pampa, avec la possibilité de voir plus facilement les animaux, et l’excursion se fait principalement en pirogue. Pour la Selva, on se faufile pour le coup vraiment dans la jungle, avec une excursion à pieds, ou il est donc plus difficile de voir les animaux de la jungle, mais au plus proche de la nature et de ses plantes. Bref, nous décidons de partir au plus proche des animaux (pour Juju les dauphins), et de faire seulement la Pampa étant donné notre timing un peu serré.

  • Une première journée de découverte et d’émerveillement.

C’est après trois heures de 4×4 et un bon déjeuné que nous gagnons notre pirogue et notre guide. Au programme, 3 heures de bateau au milieu d’une nature déjà très dense afin de rejoindre notre campement. Malgré la fatigue et un temps un peu maussade, nous profitons pleinement de ces 3 heures et faisons connaissance avec les nombreux oiseaux de la Pampa (notamment de beaux perroquets et les  majestueux toucans), quelques caïmans, des tortues, des petits singes jaunes venus jusque sur le bateau à la recherche de nourriture, et d’autres plus imposants que l’on verra de plus loin. Les bruits dans la pampa sont tout aussi impressionnants que les couleurs : entre les chants des oiseaux et les « hurlements » des grands singes, on est complètement dépaysé ! Le clou de la journée sera de tomber sur un petit groupe de dauphins roses jouant autour du bateau, au plus grand bonheur de Justine ! Encore un peu timides face à cette nature si impressionnante et cette eau foncée, nous n’oserons pas aller nager avec eux pour le moment, mais de toute façon c’est prévu pour le programme du dernier jour.

C’est à partir de notre arrivée au campement formé de « lodges » en bois montés sur pilotis, que les choses difficiles ont commencé : Moustiques Vs Juju. Un match qui a tourné à la déculottée en seulement 10 petites minutes sous la douche. Du jamais vu ! Mais cela ne nous aura pas empêché de nous coucher à 20h et de dormir comme des loirs ! A noter lors du repas notre rencontre avec un couple de Français, Benoit et Marithé bien sympathique, mais aussi et surtout avec une fratrie Belge : Will, Lo et Mart, avec qui nous allons poursuivre le voyage et nous revoir à plusieurs reprises. On peut le dire sans gêne et sans rougir, une belle amitié Franco-Belge est née ce soir-là au milieu de la Pampa.

  • Une deuxième journée bien moins drôle.

Le lendemain matin, après le petit déjeuner nous partons pour « la chasse à l’anaconda ». Sur le papier, ça a l’air chouette, mais malheureusement la réalité en a été tout autre : plusieurs groupes se rejoignent sur le même petit « ilôt » pour débusquer un anaconda, c’est ainsi que nous voilà partis au milieu de la bonne quarantaine de touristes en file indienne bottes aux pieds à chercher le fameux anaconda. Evidemment vu le bruit que ça engendre, impossible de trouver quoi que ce soit, et nous en étions certains d’avance… Un bel attrape touriste ! On pourrait se dire qu’au moins ça changeait un peu de la pirogue, que c’était sympa de se balader à pieds… Mais avec de l’eau jusqu’au-dessus des genoux l’utilité des bottes était moindre, sans évoquer la quantité ASTRONOMIQUE de moustiques, pour eux c’était clairement « happy hours », et même bien couverts ils restaient posés sur nous et l’on entendait en permanence le succulent petit « bzzzzz » au creux de l’oreille ! Une vraie partie de plaisir…

 

L’après-midi nous partons désormais « pêcher le piranha ». Cette fois c’est plus sympa, chaque pirogue s’installe dans un coin différent, et munis de nos hameçons chargés en viande crue, nous nous attelons à cette tâche armés de toute la patience nécessaire (n’importe quel bon pêcheur vous le dirait 😉). Alors que nous allions d’échecs en échecs, un des allemands à bord de la pirogue a commencé à se sentir mal et vomir… On annule tout, retour au lodge pour lui et à un autre endroit pour nous d’où l’on regardera le coucher de soleil en compagnie des autres groupes. Le temps nous a paru un peu long à attendre là au milieu de rien que les heures passent, et finalement l’arrivée des autres pirogues permettra à Bastien de faire un foot pendant que soleil se couchait doucement.

C’est après le dîner copieux en spaghettis bolognaises et frites (oui, vous aussi vous trouvez cette association un peu osée ?) que les choses ont mal tourné. Justine comme 6 autres personnes du groupe, dont 2 de nos amis belges ont passé une nuit blanche entre vomir sur le ponton avec les crocos et aller aux toilettes (« dans la cabane au fond du jardin… ») avec les moustiques. Nous pensons fortement qu’il s’agissait d’une intoxication alimentaire, d’autant plus que d’autres personnes se sont senties mal à posteriori. Cependant le lendemain matin fût source de quelques tensions avec notre guide qui n’aura pas voulut reconnaître l’intoxication. Nous terminerons notre séjour dans la pampa un peu « en jus de boudin » (c’est le cas de le dire !) avec un rapatriement à 10h de tous les malades, et donc annulation de la dernière matinée ou l’on devait aller tenter de nager avec les dauphins. Décidément, quelle poisse Justine a avec les animaux marins !

En conclusion, c’est un séjour en « demi-teinte » pour nous. Difficile évidemment d’être complètement objectifs étant donnée la fin de l’expérience mais ce que l’on peut vous dire c’est qu’indépendamment de l’intoxication alimentaire il y a eu pour nous du positif comme du négatif. Nous avons aimé nous balader en pirogue, voir des animaux, entendre des bruits qui ne nous sont pas du tout familiers… Par contre nous n’avons pas aimé le tourisme de masse qui s’opère dans cette pampa, avec ses activités « attrape touriste ». Selon nous pour vous donner une idée, si la pampa n’était pas si difficile d’accès, un tour à la journée serait amplement suffisant.


Pour finir, en bref et en humour, voici ce qu’on retiendra en quelques mots de la Pampa et de ses alentours (mais pas que !):

  • On vous a parlé plus haut de la naissance d’une amitié Franco-Belge, on vous raconte les coulisses : 3h du matin, Justine court au toilette … #encore Un ami belge dont on ne citera pas le nom est lui aussi dans le même pétrin. Endroit insolite pour faire connaissance. « C’est toi Justine ? » – « Oui, c’est qui ? » – « C’est Martin, le Belge ! ». Oups, on a dévoilé son identité …
  • Communiquer avec un Allemand quand il ne parle pas espagnol et qu’on ne parle pas anglais … Pas simple, mais plutôt marrant. 
  • Alex ou l’œil de lynx qui voyait aussi beaucoup de branches … Un autre Allemand qui aimait bien être au première loge du navire pour admirer la nature. Mais aussi pour nous annoncer à plusieurs reprises   » Caïman !!! », Euh … non, une branche tout simplement ! #cartonjaune #onestméchant
  • Au début de la Bolivie, on disait « vive les soupes », mais à la fin… On n’en peut plus ! #etcestpasfini
  • C’était peut-être le match de l’année … tel un véritable Classico Barça-Real ! Juju Vs les moustiques. le score est sans appel … D’ailleurs on ne révélera pas le score final, mais on n’a compté pas moins de 30 buts (piqûres) seulement sur les pieds ! Incroyable mais vrai …
  • Et en parlant de foot, Bastien a eu la chance de participer à un petit match amical en plein cœur de la pampa. 23ème minute, alors qu’il se trouvait seul en pointe, un long ballon lui arrive dans les pieds, après quelques dribbles entre les mottes de terre et les moustiques, un face à face en or avec le gardien adverse : La suite, une bouse de vache le déséquilibre au moment de la frappe et le ballon finit sa course tout droit dans les « populaires », pour citer une vraie expression footballistique. #fifa #dommage C’était l’action de sa vie !

Ju & Bas

2 commentaires Ajoutez le votre

  1. jeanneteau dit :

    Après lecture de ce nouvel épisode, humour de rigueur !!!

    Le Belge et la rapidité
    Quelle est la chose la plus rapide au monde ?
    L’Anglais répond :
    – Moi, je dis que c’est la pensée, puisque la pensée est immédiate.
    Le Français, à son tour, répond :
    – Moi, je dis que c’est la lumière car rien ne bat la vitesse de la lumière.
    Le Belge, à la fin, répond :
    – Moi, je dis que c’est la diarrhée, parce que quand tu as la diarrhée, t’as pas le temps de penser, ni d’allumer la lumière que t’es déjà dans la merde.
    Bisous Les Raine du voyage
    Sandrine

    1. les Raine du voyage dit :

      Génial cette petite boutade en total adéquation avec notre article !
      Merci Sandou,notre fidèle lectrice.

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